Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /2008 19:26
1) Processus...

Les discussions ont été longues et nombreuses sur l’ensemble des sujets. Certaines décisions ne font pas un accord unanime mais il semble qu’elles fassent au moins un large accord. Rappelons que, quoi qu’il en soit, tout cela est transitoire.

Echéances :

Les échéances, dans l’ordre chronologique, sont les suivantes :

- l’investissement par le npa de la journée qui lui est réservée au cours de l’Université d’été de la LCR à Port Leucate du 23 au 27 août

- une nouvelle réunion nationale des comités à l’automne, fin octobre/début novembre

- un congrès fin janvier 2009, pas trop tôt pour laisser le temps au processus encore en plein développement, pas trop tard parce que les échéances européennes sont proches et qu’il serait fâcheux qu’à ces élections, il y ait des listes de la LCR et pas des listes du npa

Tâches du comité d’animation

Le comité d’animation est mis en place pour assumer le transfert progressif des tâches qui étaient jusque là assurées par la direction de la ligue. Une première liste de tâches a été définie :

- assurer la circulation et la diffusion de l’information, sous des formes à définir mais accessibles, en mettant en place les outils adéquats (liste internet ...)

- animer le processus, par exemple animer des réunions publiques là où des comités demandent des orateurs nationaux, produire du matériel ...

- prendre en charge le fait de renouveler l’appel, cette fois en tant que npa, aux autres forces politiques à gauche du PS, LO, AL, PC, Collectifs antilibéraux ...

- préparer le congrès qui pourrait s’organiser autour de 3 textes, un sur le fonctionnement (statuts), un premier document programmatique (même si tout ne sera pas tranché au congrès et que la discussion se poursuivra sur une série de questions), un document de « conjoncture » qui indique nos orientations dans la situation.

L’idée est qu’il y ait un début de rédaction et des allers-retours avec les comités.

Autres remarques

- On fait le choix de ne pas donner d’indication en termes de structuration intermédiaire du processus : les comités font ce qui correspond politiquement à leurs besoins, il n’est pas question d’imposer d’en haut un type de structuration à un processus qui présente des rythmes très différenciés.

- le Comité d’Animation a été désigné et pas élu (de même qu’il n’a été procédé à aucun vote durant la rencontre) étant donné la réalité du processus, le mode de délégation actuel etc. En revanche l’idée est d’avancer vers une forme de représentativité d’ici la réunion de l’automne. Pour cela il faut matérialiser l’engagement dans le processus.

Cette question a été abordée conjointement à celle du financement. On a résolu de ne pas proposer un système de cotisations avant le congrès, et de continuer d’ici là bon an mal an avec un système hybride d’auto financement des comités et de financement de la ligue. On propose en revanche de mettre en place une carte de membre fondateur du npa, à cotisation unique d’ici le congrès, qui permettra d’avoir une idée plus précise de combien nous sommes, d’aborder la question de la représentativité et de commencer à régler la question financière.

Ce type de matérialisation exclut toute idée qu’on fermerait la porte et qu’on se contenterait de structurer l’existant : le processus constituant est ouvert jusqu’au congrès, et les membres fondateurs auront les mêmes droits, que leur engagement date de mars ou de décembre 2008. Il ne faut pas adopter un mode de structuration rigide qui reviendrait à ce que le dernier entré ferme la porte derrière lui mais avoir en tête les centaines, les milliers de gens qui vont rejoindre le processus avant même la fondation du parti.

Sur le comité d’animation

C’est sans doute le point qui a suscité le plus de débat et de discussion. Il faut insister sur le fait qu’il ne s’agit ni d’une direction ni de la future direction du parti en devenir mais d’une coordination chargée de prendre en charge les tâches qu’assurait la ligue jusque là. On est à un stade transitoire, le comité d’animation est donc transitoire et tout se rediscute à la réunion de l’automne.

La composition du comité peut être présentée en 4 groupes :

- les représentant-es des comités, qui sont des militant-es qui ne sont pas membres de la LCR, à deux exceptions près sur lesquelles on reviendra. Le souhait est que ce groupe soit majoritaire.

- les représentants de groupes politiques constitués (il y en a deux à cette étape, la Fraction l’Etincelle de Lutte Ouvrière et la Gauche Révolutionnaire) qui ont indiqué leur accord à cette étape pour participer au processus, avec une réserve en ce qui concerne l’issue finale de leur participation. Il y aura 2 observateurs pour la F. LO et un pour la GR. Le statut d’observateur est bien entendu temporaire.

- la représentation de la ligue : la proposition ne fait pas l’unanimité mais elle semble faire un accord majoritaire : à ce stade du processus, la représentation de la LCR sera assurée par le BP, c’est ce qui semble le plus adapté, pour que l’ensemble de la direction de la ligue soit partie prenante du comité d’animation et qu’il n’y ait pas de fait une double structure avec un BP qui continuerait à se réunir toutes les semaines et qui enverrait une délégation aux réunions du comité d’animation, également dans la perspective du transfert progressif des prérogatives de la ligue. Le BP est constitué de 21 membres, 10 femmes et 11 hommes, auxquels on ajoute deux personnes, 1 camarade (femme) des Bouches du Rhône dans le cadre d’une délégation importante, sachant que c’est le souhait des Bouches du Rhône et 1 camarade de Clermont (homme) également présenté par sa délégation.

- les représentants des comités jeunes au nombre de 6 (4f, 2h), 3 non jcr-lcr, 3 jcr-lcr

En ce qui concerne les représentant-es des comités, la délégation n’est pas encore entièrement finalisée. Il y a déjà 25 personnes sûres, 10 femmes et 14 hommes, 4 des Bouches du Rhône (2 f, 2 h), 2 de Bretagne (2 f), 2 du Vaucluse (2 h), 1 de Paris 13 (1 h), 1 de l’Hérault (1 f), 2 du Haut Rhin (2 h), 1 de Toulouse (1 h), 1 de Paris 20 (1 h), 1 de Paris 14 (1h), 1 du Limousin (1 f), 1 de Seine et Marne (1 f), 1 du 92S (1 h), 1 d’Auvergne (1 h), 3 de Gironde (1 f, 2 h), 2 du comité précaires Paris (1 f, 1 h). D’autres comités n’ayant pas encore eu le temps d’en discuter ont indiqué qu’ils souhaitaient disposer d’une semaine pour ce faire, entre autres Montreuil, le Lot et Garonne, le Gard, les Hautes Alpes, le Rhône, l’Essonne, la Dordogne, le 10, le 12, le 89, Loire Atlantique, les Hautes Alpes, d’autres comités parisiens.

L’idée est que si ces comités souhaitent envoyer un délégué ils suscitent des candidatures plutôt de femmes, et, en tout état de cause, non membres de la LCR.

On peut donc envisager encore une dizaine de candidatures, qui pour la plupart devront être des femmes si on veut atteindre la parité.


2) Nom....

Quelques remarques pour commencer :

A) L’exercice qui consiste à faire la synthèse d’un débat riche avec de nombreuses interventions, n’est pas simple. Restituer l’exactitude des différentes interventions s’avèrerait compliqué : on risque alors d’oublier et de déformer, on risque aussi d’ennuyer les lecteurs et lectrices. Le choix est donc de présenter le plus objectivement possible les grandes lignes qui se sont dégagées de la discussion.

B) La plupart des intervenants ont tenu à préciser qu’il n’y avait pas eu vraiment dans leur comité respectif de débat organisé sur le nom mais surtout sur le profil politique du nouveau parti. Personne ne venait là mandatée par un comité pour défendre tel ou tel nom.

C) Une cinquantaine de participants

Plutôt parti que mouvement...

accord parmi les participant-e-s pour dire qu’il est difficile de parler du nom sans parler de la forme et du profil.

Pas mal d’interventions pour dire qu’il faut un parti plutôt qu’un mouvement. Du coup certain-e-s pensent que le mot « parti » doit apparaître dans le nom, d’autres pensent que s’il faut un parti il n’est pas obligatoire que le mot soit présent dans le nom.

Les mots :

Beaucoup d’interventions ont porté sur les mots, leur signification, ce qu’en disaient les militants NPA (militant-e-s LCR et non LCR), comment ils pouvaient être perçus en général (dans la société, dans l’opinion). De nombreuses remarques sur « anticapitaliste » : connoté trop négativement car contre quelque chose sans porter un projet en positif ; remarques inverses également : anticapitaliste permet de montrer qu’on est radicalement opposés au capitalisme, pas dans la compromission, pas dans la gestion du système comme le sont les partis de la gauche traditionnelle et institutionnelle, PS en tête. Un camarade précisant même qu’il lui conviendrait de garder le nom NPA.

Débat également autour du mot « Révolution » : constat de beaucoup d’intervenants, mot dans beaucoup de têtes, associé à l’idée de violence, pour autant des camarades considèrent que ce mot devrait figurer dans le nom du NPA.

Même chose avec « communiste » et « socialiste » : « communiste » renvoyant inévitablement aux expériences des pays de l’est, celui de socialiste au social libéralisme et à la social démocratie ; d’autres ont fait remarquer que communiste et socialiste renvoyaient aussi au type de société. D’autres encore que ces mots étaient parfois complexes à expliciter etc...

Quant au terme « la gauche », avis également partagé entre ceux et celles qui pensent qu’il faut revendiquer le terme face à une gauche traditionnelle qui a capitulé ou qui n’est plus à gauche (PS), et ceux et celles qui au contraire pensent que le terme est galvaudé avec ce que représente à une échelle de masse une gauche (toujours classique) qui ne s’oppose à rien et gère loyalement le capitalisme.

Quel type de nom :

Noms, plus classiques, comprenant les mots Parti/Révolutionnaire/Socialiste/Internationaliste avec des combinaisons diverses ou des acronymes avec l’idée d’articuler nom/sigle et déclinaison du sigle : AGIR, UTILE.

Là encore avis partagés et divers.

Les enseignements de la réunion :

Un débat riche avec de nombreuses interventions. Même si certains camarades sont intervenus plusieurs fois, nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui se sont exprimés.

Même si les avis divergent sur ce que doit être le nom du parti, il était largement partagé l’idée que :

- le nom du NPA était la dernière question à trancher et que cela serait au congrès de fondation de le faire, la commission qui se tenait n’avait comme fonction que de recenser les débats autour du nom et ne pouvait en aucun cas décider quoi que ce soit.

- Qu’au delà du nom, la question du projet et du profil politique étaient essentiels, le nom étant à l’image du parti qu’on veut construire.

- Quel que soit le nom qui sortirait du congrès, tout le monde ne pourrait pas être satisfait, peut-être une certaine « frustration » mais qu’en aucun cas le nom ne devait être et ne doit être un obstacle à la construction du parti.

Les dernières interventions portaient aussi sur les modalités de poursuite du débat sur le nom : l’organisation de ce débat sera une tâche du comité provisoire national d’animation, les comités d’initiative doivent s’emparer formellement de ce débat et proposer également des contributions écrites.


3) Quartiers populaires...

A) Petit résumé de l’introduction faite par Omar :

L’objectif de cet atelier est de partager les idées et les méthodes d’actions dans les quartiers populaires, car le NPA ne pourra exister s’il n’y a pas d’interventions dans ces quartiers.

En effet, les habitants qui y vivent subissent un véritable concentré de tous les méfaits du système capitaliste et des politiques qui l’accompagnent. Les observatoires officiels dont celui de la politique de la ville sont obligés de le reconnaître. Quelques exemples : le chômage est deux fois plus important dans les zones urbaines sensibles, les femmes y sont trois fois plus touchées par la précarité, il y a deux fois plus d’enfants et adolescents en échec scolaire et deux fois moins d’hôpitaux que sur le reste du territoire.

Trois questions y sont hyper présentes :

- La question sociale : elle est surdéterminante. C’est d’abord le PS au gouvernement qui a développé tout un discours sur la territorialisation et l’ethnicisation . Les gouvernements de gauche comme de droite ont tous stigmatisé " les zones de non-droit" ou "les territoires perdus de la république". Le terme toujours employé d’exclus a permis de développer toute une politique d’intégration , des politiques très individualisantes et culpabilisantes et qui tentent d’accréditer l’idée que "celui qui veut s’en sortir il le peut " .

C’est une façon de dépolitiser la question sociale en ne s’attaquant surtout pas aux vraies causes de l’injustice et des discriminations.

- La question de la répression qui concerne bien les dispositifs de police comme ceux de la justice. Il s’agit là de traiter par la pénalisation la pauvreté. Les méthodes policières sont connues : contrôle au faciès, harcèlement, interventions musclées … En matière de justice, dix lois votées en cinq ans permettent de vider de plus en plus l’ordonnance de 1945 relative à la justice des mineurs de tout son volet éducatif, 7 prisons pour mineurs ont été créées, alors que le nombre d’animateurs ou de profs expérimenté est en chute libre dans ces quartiers celui des caméras vidéo surveillance explose…La création de nouveaux délits et l’alourdissement des peines, achève de "criminaliser la banlieue".

- La question identitaire : pour les habitants issus de l’immigration, la question de leur propre histoire, de la mémoire collective est également incontournable. Cette histoire falsifiée par la version officielle néo colonialiste, rajoutée aux discriminations infligées sur tous les aspects de la vie quotidienne est porteuse de vrais enjeux.

B) Résumé du débat "un peu à l’emporte pièce"…

85 personnes étaient présentes dans cette commission le samedi après midi, un peu moins le lendemain matin.

53 personnes sont intervenues,( 28 femmes et 25 hommes ), une majorité est membre de la LCR, quelques camarades de la fraction et un camarade d’Alternative libertaire.

Ambiance super bonne, mélangeant analyses, récits d’action et propositions.

Quelques analyses en vrac :

- d’abord constat général : il se passe beaucoup de choses positives entre habitants des quartiers, ( c’est pas le désert qu’on nous fait croire !)

- en plus du concentré de tous les mauvais coups du pouvoir en place, les quartiers populaires c’est aussi le concentré de toutes les discriminations

- le gouvernement et plus globalement les politiques publiques qu’il met en place cherchent à nous diviser, à nous monter les uns contre les autres, comment faire pour s’unir ? quelles revendications pourraient nous y aider ?

- le potentiel de révolte est énorme sur ces quartiers et pas que chez les jeunes, comment faire pour que dans le NPA nous inventions des réponses qui changent complètement les choses ?

Quelques exemples d’actions organisées et en cours, parmi d’autres :

- à Toulouse, Airbus emploie 12 000 salariés " tous blancs". Les membres du comité NPA ont organisé une collecte de CV au Mirail. Ils veulent faire jouer la discrimination raciale.

- à Paris, dans certains arrondissements, les copains organisent des cafés politique itinérants . A chaque fois il y a un café, un débat et une action concrète ( 160 personnes touchées après 4 débats)

- à Avignon, les camarades impliqués au CA du club de foot, on pu réaliser une vidéo avec les jeunes du quartier, notamment sur les brutalités policières, organiser un débat à partir de cette vidéo, puis faire un rassemblement devant la prison, et là, c’est parti pour l’organisation de la fête de quartier.

Comment on intervient ?

A la fois, on mène dans les quartiers populaires toutes les campagnes NPA que nous menons ailleurs : services publics, salaires, retraites, contre le racisme, soutien aux sans papiers, transports gratuits…Bref on utilise les campagnes nationales et les tracts nationaux. Et on y va vraiment, régulièrement. A la longue , ça paye !

Et à la fois on appuie l’auto organisation des quartiers : des associations existent et agissent, ça vaut le coup "d’en être" . Cela signifie mener les batailles telles que se présentent dans toute leur diversité : fermeture d’école, suppression de services publics, travail sur le logement, ça peut-être parfois agir contre la fermeture de centres commerciaux qui apportent une proximité intéressante pour les habitants… Les attaques étant nombreuses et variées, les ripostes doivent être à la hauteur !

Il peut aussi y avoir des campagnes et des actions spécifiques, par exemple contre les discriminations, contre les interventions musclées de la police ou pour intervenir dans les programmes de démolition des immeubles qui sous couvert de rénovation urbaine visent surtout à refouler toujours plus loin les plus pauvres ou pour le respect du droit de vote dans les prisons …

L’idée de créer un questionnaire à faire remplir sur les quartiers, de construire des cahiers de doléances et de les apporter nombreux dans les conseils municipaux, a également été retenue. Au fond la seule chose à ne pas faire c’est justement de ne rien faire ! Car à chaque fois qu’on se lance ça marche !

C) Et maintenant on décide quoi ?

- Tout d’ abord, faire une campagne massive d’inscription pour l’université d’été.

- Veiller tout particulièrement à ca que les habitants des quartiers populaires soient nombreux dans le processus constituant du NPA et nombreux aussi à être déléguée au congrès ( on sait qu’il n’y a rien de naturel !)

- On crée tout de suite une liste " NPA et quartiers populaires" pour s’informer et échanger les expériences. Sur cette liste des éléments précis que le logement, la prévention de la délinquance, l’ordonnance de 1945, l’ANRU, les règles de protection vis-à-vis de la police seront envoyés … ( à ce jour 80 personnes viennent de s’inscrire)

Bref, une commission efficace qui , de l’avis des participants, donnait la pêche pour commencer ou pour continuer !!!


4) Entreprises...

La commission Entreprise a réuni une soixantaine de personnes déléguées des comités.

Cette commission s’inscrit dans un contexte de lutte, contre le projet du gouvernement (Sarkozy – Fillon) qui cherche à affaiblir les droits de l’ensemble des salariés (modifications du code du travail, suppression des 35 heures, suppression des tribunaux prud’homme), à faire baisser le coût du travail et donc les salaires (offre d’emploi raisonnable pour les chômeurs, versement de primes exceptionnelles individuelles mais pas d’augmentation générale), à casser le service public d’état (suppressions de poste dans les services public, projet de loi sur la mobilité permettant de licencier des fonctionnaires).

On assiste à un morcellement des luttes (journées d’action par secteur ne donnant pas une mobilisation d’ensemble comme les 10 et 17 juin). Les syndicats ont une forte inertie et partagent pour une part le projet du gouvernement (accord sur la représentativité signé conjointement par la CGT, la CFDT et le MEDEF).

Le but de cette commission est de préparer la rentrée sociale, Bernard Thibault a appelé à une journée d’action le 7 octobre, et de créer une commission entreprise permanente. Un comité de coordination est chargé de préparer l’université d’été de la LCR, (avec 2 débats le dernier jour : NPA et lutte des classes et NPA et syndicats) et une réunion nationale le 4-5 octobre. Un mailing liste va être créée comme moyen de communication.

Une première partie des débats a porté sur le ressenti et la situation sociale actuelle, la seconde partie sur les propositions d’actions du NPA.

A) Situation sociale actuelle

Une première constatation de la part des salariés présents est la compromission des bureaucrates ou leaders syndicaux (notamment la CGT) avec le patronat. Donc la majorité des personnes attendent une action et des propositions concrètes et une indépendance du NPA pour passer à l’offensive.

Un autre avis qui a fait consensus est que la revendication principale pour la rentrée devra porter sur les salaires. La hausse des prix des carburants est aussi un sujet de fort mécontentement.

Les salariés sont las des grèves à répétition mais ils ont tout de même un avis positif sur les syndicats. Il faut structurer le débat syndical sur le terrain politique et repartir de la base pour militer.

On relève aussi qu’il est très difficile de se syndiquer dans certaines entreprises, que les salariés sont tétanisés et que les militants syndicaux sont souvent la cible de répression. Le syndicalisme est donc en recul , les salariés privilégient le changement d’entreprise pour augmenter leur salaire à la lutte au moment des NAO.

Les conditions de travail ainsi que la souffrance au travail sont aussi des paramètres à prendre en compte. On se demande comment intervenir dans les entreprises où c’est difficile. En prônant l’ouverture sur le dialogue social entre l’Etat et les syndicats, Sarkozy a remporté une victoire idéologique sur le salariat.

Un des moyens d’action contre le gouvernement est un blocage de l’économie. Il faut démonter le discours de la droite et construire le NPA dans les entreprises.

Le NPA pourrait appeler à la grève (générale ou non) ou participer à des blocages (dépôts d’essence, rassemblement hebdomadaire devant lieux stratégiques pour être visible et fédérer à l’image des mères au Chili) ou proposer d’autres moyens d’actions.

Une journée d’action unitaire est proposée, le NPA peut coordonner ces actions et participer à la propagande du mouvement d’ensemble et créer une plateforme commune (site Internet par exemple). Cela peut être la campagne politique du parti.

B) Intervention dans les entreprises

Pour le deuxième point qui est de quelle manière intervenir politiquement dans les entreprises, le premier point à faire consensus est la feuille de boîte. Elles peuvent être distribuées sur la voie publique pour contourner la chartre d’Amiens. Cela permet aussi d’intervenir de l’extérieur dans les entreprises. Ces feuilles permettent aussi d’être critique vis-à-vis des syndicats. On peut ainsi ramener le débat politique dans les entreprises et des revendications comme les 37 ½ ans pour la retraite, la taxation des profits. Les feuilles de boîtes marchent et un copain de l’imprimerie nous disait même que les salariés et patrons attendaient avec impatience leur sortie.

Nous redisons aussi l’importance d’avoir des militants NPA dans les entreprises, de créer des cellules, pour :

-  critiquer les confédérations syndicales,

-  monter des soutiens, des stratégies,

-  être autonomes dans les luttes.

Le comité NPA SNCF souligne l’importance de rester en lien avec les syndicats et que cela fonctionne dans cette entreprise.

Il est possible de monter des comités NPA entreprise par site géographique comme l’ont souligné des camarades du Rhône ou de la région de Bordeaux pour des zones industrielles ou des pôles d’activité. La droite et les patrons ne se privent pas d’amener leur vision politique des choses dans les entreprises, nous ne devons pas avoir de complexe à le faire de notre côté, même si les hiérarchies (chef, sous chef) ne nous favorisent pas.

Les syndicats ne soutiennent pas toujours les salariés victimes de la répression patronale, il est important pour le NPA de pouvoir agir de l’extérieur.

80% des entreprises ont moins de vingt salariés, la représentation du travail entreprise est vieille de plus de trente ans.

Les jeunes militants sont souvent seuls dans les entreprises. Les structures syndicales ne sont pas implantées dans les petites entreprises (dans le commerce par exemple) et ont beaucoup de mal à lutter efficacement dans les nouvelles formes d’organisation du travail (sous-traitance par exemple).

La classe ouvrière a changé. Une grande partie des cols blancs et la classe moyenne font aujourd’hui partie du prolétariat. Il faut viser ce type de salariés et motiver l’ensemble de la classe moyenne. Il faut redonner une conscience de classe et redéfinir la classe ouvrière, renommer le prolétariat et gagner les nouveaux travailleurs. Les salariés sont précarisés. Les patrons profitent de ces statuts précaires comme les stagiaires, les apprentis, les CDD, les intérims, les sans papiers ou les travailleurs étrangers.

Au Techno Centre de Renault par exemple 9500 personnes sont des employés Renault et 2500 des éléments extérieurs à la maison mère. Il faut veiller à ne pas protéger que les salariés à statut, combattre la division du travail, ne pas diviser chômeurs et salariés.

Le NPA doit proposer un plan d’urgence pour répondre aux exigences ouvrières sur :

-  défense du droit au travail (et non pas à l’emploi),

-  cohérence entre travail et écologie,

-  conscience de classe,

-  pouvoir des salariés,

-  remise en cause de l’organisation du travail,

-  présence locale (TPE, chômeurs, quartiers populaires, zones industrielles) tout en gardant une vision globale,

-  création d’un circuit de solidarité, social et humain,

-  union salariale

-  politisation des salariés à l’intérieur de l’entreprise,

-  vigilance sur les conditions et la santé au travail,

-  formation et information politique vers les salariés,

-  travail avec les syndicats,

-  refus du pouvoir économique

Nous proposons de changer le nom de la commission et de la renommer commission « précaires, salariés publics/privés… » Car tous, nous sommes, serons ou avons été salariés d’une entreprise.



Par comité des jeunes rennais pour un nouveau parti - Publié dans : vie nationale des comités - Communauté : nouveau parti anticapitaliste
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