Ebauche de statuts provisoires
du nouveau parti anticapitaliste
(version 19/09/08)
Voici de premiers éléments à partir
essentiellement des premières discussions
à l'atelier de l'université d'été et lors du
Collectif d'animation nationale du 14
septembre.
Il s'agit d'un document pour lancer la
discussion dans les comités, il sera modifié
dès la réunion du CAN des 12 et 13
octobre à partir des discussions engagées
dans les comités. La réunion nationale de
Novembre devra alors dégager un texte qui
sera soumis au vote des militants.
Ce document, rappelons le, vise à dégager
les axes essentiels d'un fonctionnement
commun de la nouvelle force militante que
nous sommes en train de construire. Il
s'agit de dégager des principes, des règles
de «!vivre ensemble!», des pistes de
construction. En fonction de l'expérience,
d'un aller et retour entre les principes
rédigés et la vie réelle des comités, il
s'agira au prochain congrès de discuter de
statuts et de les adopter. Les statuts étant
pour un parti un peu la loi fondamentale, la
«!constitution!», ils doivent être adoptés
avec la majorité la plus large et ne peuvent
ensuite être modifiés qu'avec une majorité
qualifiée (les deux tiers par exemple).
Avant donc d'inscrire dans le marbre des
règles de fonctionnement, prenons le temps
de les tester, de vérifier derrière les mots,
la réalité des principes.
En bref, il s'agit d'adopter ici un document
qui nous permette de fonctionner jusqu'au
prochain congrès.
Les questions posées très largement dans
les comités doivent permettre en toute
transparence de faire des choix et
d'expliquer les modes de fonctionnement
par des principes!:
- un parti militant
- un parti démocratique
- un parti qui rassemble le plus
possible par la discussion mais qui
vote afin d'agir
- un parti à l'image de notre projet
émancipateur
- un parti qui analyse, intervient, à
l'échelle globale mais qui adapte
ses orientations nationales
localement
Préambule
Le NPA est un parti qui se bat pour les
grands principes définis dans le document
programmatique adopté au congrès de
fondation. Notre parti est un instrument au
service de notre projet, un outil au service
des militant-e-s qui adhère à ce projet.
Notre projet commun est de rompre avec
un système capitaliste source
d'oppressions et d'aliénations qu'elles
soient économiques, sociales, idéologiques
ou culturelles. L'organisation qui porte un
tel projet doit donc, dans ses pratiques
mêmes, au quotidien, combattre les effets
de l'idéologie dominante dans ses propres
rangs. L'objectif est là, même s'il faut être
conscient qu'il subsistera une tension entre
le but et la réalité.
Nous voulons construire une organisation
où chacun, chacune puisse trouver sa place
à l'égal de tous les autres. Une formation
ou chacun(e) est acteur ou actrice et qui
permette «!la participation de tous et de
toutes aux initiatives décidées en commun,
à la critique, à l'élaboration de la stratégie,
du projet et des programmes!» tel est en
effet l'enjeu.
Les formes d'organisation et le
fonctionnement ne sont pas neutres. Il n'y
a pas de doute que la forme rejoint le fond,
et il faut donc que l'organisation interne
qui sera la notre donne à voir la sincérité
de nos convictions et de notre projet
d'émancipation. Les expériences du
XXème siècle, en particulier la
catastrophique expérience du centralisme
bureaucratique, nous imposent de tirer
toutes les leçons pour construire une
organisation vivante, démocratique ou
chacun et chacune puisse trouver sa place à
l'égal de tous les autres.
Ce qui fonde, pour nous, le choix d'un
fonctionnement centralisé n'est pas
d'abord une question d'organisation
interne mais le produit d'un choix
stratégique. L'enjeu est bien un
changement de pouvoir et une rupture avec
l'ordre établi, le système existant, face a un
ennemi qui dispose lui d'un cadre
centralisé d'où s'organise sa domination!:
l'Etat. Toute l'expérience historique
démontre que lorsqu'on refuse de se poser
la question du pouvoir, cela revient à
laisser le pouvoir au pouvoir, et donc à
laisser à ce dernier les moyens de réprimer
ou de récupérer les dynamiques
alternatives.
Au delà de cette perspective de long terme,
le parti que nous voulons construire entend
d'emblée intervenir dans tous les domaines
de l'activité politique et sociale de ce pays.
Il n'est pas une somme de comités
atomisés mais un collectif de militantes et
militants qui par leurs discussions et leurs
décisions entendent faire évoluer les
rapports de forces sociaux au profits des
plus démuni(e)s. Faire des expériences
ensemble, tirer des bilans n'est possible
qu'à partir d'activités menées ensemble.
Les discussions et les décisions que nous
prenons engagent l'ensemble du parti.
1/ Adhésion et comité
Est membre du parti celui ou celle qui
partage les principes définis au préambule
et adhère à un comité, c'est à dire 'qui
prend sa carte, verse une cotisation et
participe
aux activités et aux réunions du
parti à la mesure de ses
disponibilités.
Les militant-e-s sont membres d'un comité
qui est la structure de base du parti. C'est
elle qui recueille les nouvelles adhésions et
qui peut procéder à une éventuelle
radiation, dans des cas exceptionnels à
définir et à encadrer (violence, sexisme,
racisme...). Lors d'une radiation, chaque
militant dispose de recours d'une procédure
d'appel locale et nationale.
Un comité est un regroupement de
militant-es organisés sur la base d'un
territoire, d'une activité professionnelle, ou
d'intervention dans la jeunesse.
Le comité gère librement ses activités dans
le cadre des mandats nationaux et locaux
fixés par les congrès. Il dispose d'une
autonomie d'adaptation de ces mandats
aux réalités locales.
Le comité est le lieu de débat politique, où
se discute et se détermine les initiatives et
un lieu de formation. C'est également le
comité qui accueille les nouveaux venus et
les accompagne.
Lorsqu'un autre courant politique local
demande à adhérer à notre parti, un
processus de discussion est engagé par la
direction locale; un éventuel accord est
ratifié par une assemblée générale des
membres du parti.
Lorsqu'il s'agit d'un courant national, la
même démarche politique est engagée,
sous mandat, par l'exécutif national et
ratifié par la direction nationale ou par le
congrès.
2/ Commissions nationales et locales et
secteur jeune
Il existe également des commissions de
travail. Elles sont ouvertes à tous et toutes.
Leur équipe d'animation nationale est élue.
Elles sont coordonnées régionalement et
nationalement!: commission entreprises
privé et public, quartiers populaires,
jeunes, écologie, internationale, féminisme
et droits des femmes, formation...
Le NPA favorise également les réunions de
secteurs professionnels, de secteurs
d'activité; tout ce qui permet d'agir
ensemble avec plus d'efficacité.
Il existe un secteur jeune qui rassemble
l'ensemble des comités jeunes. Il élabore
une orientation en direction de la jeunesse
(campagnes, matériel, journal...). Une fois
par, une conférence nationale jeune est
organisée rassemblant des représentants de
tous les comités jeunes.
Un secrétariat jeune représentatif est élu
pour coordonner, animer l'activité en
direction de la jeunesse.
3/ Structuration!: intervention nationale et
autonomie locale
Cela suppose
- Un principe démocratique!: des
directions élues, représentatives qui
rendent compte
- Un principe de subsidiarité : centraliser
l'activité à l'échelle la plus adéquate
L'échelon de regroupement des comités le
plus efficient semble être le département.
Dans chacun d'entre eux des congrès
locaux des membres (annuelle!? tous les
deux ans!?) fixent les objectifs
d'implantation, coordonnent l'activité et
élisent une équipe de responsables
mandatés pour représenter le NPA,
impulser et coordonner son travail militant,
éditer une presse, gérer un site, mettre en
place un système de formation, coordonner
l'activité des commissions, faire circuler
l'information, s'occuper de la trésorerie....
Un principe de rotation peut s'appliquer à
ces équipes départementales. Elles sont
élues à la parité homme/femme. Elles
peuvent être révoquées si une majorité de
membres le réclame.
Mais l'échelon départemental n'est
pas nécessairement celui qui
convient dans tous les domaines, et il
n'est pas forcément suffisant!:
Le NPA peut également se structurer sur le
plan de localités.
Des coordinations régionales composées
de représentants départementaux se
mettent en place pour s'occuper de la
coordination du travail à cette échelle!:
campagnes régionales, formation et
autres...
4/ Le congrès.
Il est souverain en matière de programme,
de fonctionnement et d'orientation
nationale. Il établit les relations
internationales du NPA. Il élit à la
parité!un conseil politique national
représentatif du parti, de ses fédérations
comme de ses commissions nationales, et
de ses sensibilités politiques. S'il existe des
orientations politiques contradictoires
soumises au vote du congrès, le CPN est
élu à la proportionnelle.
Le CPN est chargé d'appliquer les mandats
nationaux entre deux congrès. Elle peut
consulter les militants sur toute question
qu'elle juge suffisamment importante ou
inédite et qui nécessite l'avis de tous. Le
CPN se réunit au moins trois fois par an,
détermine les choix de campagne
nationale, élit les équipes responsables des
commissions de travail sur proposition de
celles-ci et le comité exécutif dont il
contrôle l'activité.
Le comité exécutif est responsable de
l'activité nationale!: représentation du
NPA, animation nationale des campagnes,
réaction à l'actualité politique et sociale
française et internationale, porte parole...Il
peut se doter d'un secrétariat et de
permanents. Ce qui implique de mettre en
place des règles de rotation des
permanents, si possible de privilégier les
temps partiels, et d'établir une grille
salariale...
Le principe de rotation de l'ensemble des
directions est discuté pour être adopté dans
les prochains statuts.
Une commission des conflits est mise en
place au congrès. Elle vise en l'absence de
statuts à tenter de régler les problèmes par
la discussion, c'est à dire essentiellement
un rôle de médiation.
5/ La formation et les débats
Un haut niveau d'informations, d'accès aux
débats, à une formation politique
approfondie est une nécessité
démocratique, la condition sine qua non
d'égalité entre les militants. La force que
nous voulons construire doit se vivre
comme une intelligence collective du
monde que nous voulons révolutionner.
Nous devons être nos propres «!experts!».
Cela implique du matériel, des
publications, des conférences sur le site, un
institut de formation et des équipes de
«!formateurs!»...Donc un investissement
militant de longue durée et une politique
volontariste. C'est dans une conception
pluraliste de l'accès aux savoirs critiques et
aux outils de compréhension du monde que
nous nous situons. Dans l'ordre du jour des
c o m i t é s , l o r s d e s t a g e s
décentralisés(régionaux), à l'université
d'été du NPA qui doit prendre la suite de
celle de la LCR..., autant de lieux d'une
formation qui doit constamment se situer
dans une perspective militante.
C'est aussi dans les débats politiques
autour d'échéances concrètes que se
construit une conscience politique.
En ce sens, la qualité des débats du
parti et leur accessibilité, au ,moment
des congrès comme entre ceux-ci,
sont déterminantes.
6/ Presse et site
Le NPA est doté d'un système de presse et
d'un site. Celui-ci en dehors de défendre
l'orientation du NPA sont au tant de lieux
d'échanges, de débats, de conaissances et
de contre-expertises au service de notre
projet. Ils sont gérés et animés par des
instances élues dans le cadre de mandats
nationaux pour les outils nationaux, locaux
pour les outils régionaux ou
départementaux. Ils travaillent en lien avec
les directions du parti correspondant à leur
diffusion.
7/ Démocratie et pluralisme
La démocratie est une exigence et un atout
pour notre parti. La démocratie est au
coeur de notre projet. Elle implique la
transparence, la circulation des
informations, la mise à niveau
systématique des éléments d'un débat, la
connaissance de la pluralité des choix, elle
reconnaît la possibilité de s'organiser pour
faire changer l'orientation du parti, c'est à
dire le droit de tendance et le droit de
fraction.
8/ Un parti à l'image de notre projet
Notre objectif est de permettre à chaque
militant de trouver sa place et de pouvoir
exercer pleinement sa souveraineté au sein
du parti. Les débats à l'intérieur du parti
s'efforcer d'être simple, accessible mais pas
simpliste!: un parti des travailleurs, de tous
les travailleurs manuels ou intellectuels (et
même des travailleuses!! )
Nous ne voulons pas construire un parti
d'adhérents passifs. Mais également nous
voulons rompre avec les logiques de parti
élitiste au rythme impossible à suivre, où
ce sont celles et ceux qui militent le plus
qui fixent à la fois le rythme et
l'orientation politique. Il s'agit ainsi de
veiller à la durée des prises de parole, à
l'alternance de celle-ci, à la place de
chacun, à la durée des réunions, à la
longueur des textes et donc des bulletins de
débat.
En retour par leurs cotisations, les militants
participent à l'indépendance et à la vie du
parti. Le congrès décide la grille de
cotisations au prorata des revenus et la
répartition de celles ci entre l'échelon
national et l'échelon local. Les activités
financières sont exercées à chaque niveau
par des trésoriers (des co-trésoriers ?) élus
qui rendent compte de leur mandat.
L' égalité homme-femme!; la parité dans
les directions et dans la représentation
publique, la prise en charge de la garde
d'enfants permettant la participation des
parents aux réunions sont des
préoccupations constantes. De même il
s'agit également de veiller à la
représentation au sein du parti des
populations qui subissent des
discriminations particulières dans la
société. Dans le même sens la place des
jeunes, est une préoccupation constante du
parti.
Les élus doivent coordonner leur action,
leur intervention dans les institutions doit
être maîtrisé à tous les échelons adéquats
par les instances du parti. Leur activité, les
indemnités éventuelles doivent être
discutées également dans les mêmes
conditions.
De par la place qu'elle occupe dans la
société et l'oppression qu'elle subit dans la
société capitaliste, la jeunesse joue un rôle
un spécifique dans la lutte des classes. Elle
se mobilise plus facilement, elle est plus
prompte à se révolter contre le système et
elle vient à la politique par des biais
différents que le reste des salariés. C'est
pourquoi nous sommes pour une
autonomie d'intervention des jeunes et des
structures jeunes du parti qui permette de
saisir ces rythmes spécifiques et qui leur
permette de faire leurs propres
expériences.
La discussion continue dans notre
commission autour des thèmes suivants :
- le mandat impératif
- la rotation des directions
- celles des permanents et la nature de la
fonction de ceux-ci
- le fédéralisme et la centralisation
- les finances locales et nationales.